• A common life (10)

    J’ai joué ping-pong aussi, mais jamais dans un club. Je jouais avec un garçon un peu plus âgé mais qui avait un problème de comportement. En réalité, il était un peu arriéré et cela s’est aggravé par la suite. Il a d’ailleurs été interné et est mort assez jeune.Après les vélos, les vélomoteurs. Oh, toujours d’occasion mais beaucoup de jeunes de la cité n’en avaient pas du tout. C’était la grande mode des premières 50 CC et la marque au top était ITOM. C’étaient des belles petites machines qui avaient l’allure très sportive et faisaient énormément de bruit. L’idéal pour draguer. J’ai dû me contenter d’un modeste Novy mais je reconnais que j’étais quand même un privilégié. Qu’est-ce que mes sœurs n’ont pas râlé à ce propos. Surtout A. qui est restée la dernière à la maison et avec laquelle l’entente n’était pas ce qu’on peut appeler cordiale. Pourtant, elle aussi, d’une certaine façon était favorisée par rapport aux deux autres. Jamais, au grand jamais elle n’aidait maman. Ni nettoyage, ni vaisselle, ni quoi que ce soit. Elle gardait une grande part de son salaire et partait en vacances à l’étranger chaque année et danser tous les samedis.Ma plus jeune sœur a été dans l’armoire avant 4 heures. Un drame pour la famille ! On ne badinait pas avec ce genre de délit. Elle devait avoir pourtant presque 20 ans. Elle s’est mariée en même temps que l’aînée (on ne faisait qu’une fois les frais) et a donné naissance à Jaqueline, ma filleule qui doit son prénom à la fille (quelconque) avec laquelle j’avais une amourette, toute platonique.En 1958, première expérience avec la douleur. Oh pas les petits bobos, j’avais déjà eu ma part, mais depuis pas mal de temps, j’avais des lancements à l’œil droit, qui s’assortissaient d’une vision auréolée d’un arc en ciel autour de tout ce qui était lumineux ! Très bizarre et difficile à expliquer concrètement.Jeune à la guitare (compr)

  • A common life (9)

    Je devais avoir 10 ans quand nous sommes allés, toujours avec des voisins de papa, à Badonviller, en Alsace, chez un neveu de ma mère. Très riche entrepreneur, il possédait une splendide propriété dans la forêt Vosgienne. Il y avait un grand étang et un âne appelé Pan pan. Comme beaucoup de jeunes, j’ai essayé pas mal de choses, dont l’escrime. Le champion de Belgique de fleuret de l’époque habitait la cité. L’escrime est un sport très contraignant et comme je n’étais pas un modèle de discipline, j’ai assez vite abandonné, tout comme les autres d’ailleurs. Aussi bizarre que cela paraisse, papa ne m’a jamais appris le piano. Je crois qu’il craignait de ne pas avoir la patience. Je tapotais bien un peu, mais sans plus. Pourtant il y a toujours eu un piano à la maison et papa en jouait souvent.J’ai reproduit le même schéma avec Isabelle. J’ai acheté un piano neuf, revendu après 2 ou 3 ans.Il jouait bien, Papa, mais très classique et toujours à la partition. Parfois nous avions la visite de Jules. Petit monsieur bossu avec un long nez et un parler nasillard. Il jouait du violon. Toujours en costume cravate, il était représentant en chaussures. Ils interprétaient très souvent des morceaux de compositeurs allemands et Jules était incapable de prononcer cette langue. Par exemple pour «Zigeuner weisen » il prononçait : Si j’ai eu nerf véhisen, si vous voyez ce que je veux dire.Au moins une soirée par an, nous avions aussi la visite d’un ancien voisin des années de guerre à Baelen, Mr Alfred, brave fermier mais qui amenait avec lui tous les remugles de toutes les fermes du village ! Il s’asseyait à table avec papa qui sortait la goutte, et tous deux buvaient en se rappelant en plat deutsch (patois baelenois) le passé et les années 40. A l’heure du dernier bus, Mr Schiffers remettait son chapeau, disait au revoir avec son accent typique et retournait à ses animaux en chancelant un peu. A l’année prochaine ! J’ai dû casser 4 vélos. Un d’occasion, un neuf et deux de mes sœurs. Nous roulions dans la cité en bandes lorsque nous ne tirions pas carrément des patineurs. Les trottoirs en larges dalles étaient idéaux pour cet exercice. Mais ce n’était pas toujours du goût des habitants. Heureusement, ils avaient tous des enfants, même s’ils n’étaient pas aussi turbulents que moi. Mon voisin direct, Claudy, était notre tête de Turc. Comme il était très naïf et qu’à onze ou douze ans il suçait toujours son pouce, nous lui jouions des tours pendables et étions avec lui d’une cruauté sans bornes, d’autant plus que nous l’attirions amicalement dans nos pièges avec le dessein de lui faire le plus de mal possible. Nous l’avons même ligoté à un arbre et abandonné au fond de la cité à côté d’un ancien fortin. Je ne me rappelle plus qui l’a délivré mais ce n’était pas quelqu’un de notre bande. Pauvre Claudy.

  • Pauvre Wallonie.

    Nombre de personnes auront regardé l'émission de J.C. Defossé consacrée aux différences entre les deux communautés.

    Analyse perspicace ... mais combien navrante pour nous !

    J'ai travaillé plus de 20 ans pour des sociétés flamandes et je peux vous assurer que je connais pas mal leur "way of life".

    Lorsque les réunions se terminaient au café à Beveren ou St Niklaas, après le troisième verre, les langues se déliaient et je vous garantis qu'ils nous considèrent comme un boulet à tirer et un mal de moins en moins nécessaire.

    Tout cela sans agressivité parce que c'étaient des collaborateurs mais surtout parce que je parlais flamand aussi.

    Quand vous entendez que 40% des jeunes Flamands sont trilingues alors que 7% des Wallons le sont, on se dit qu'il y a un problème.

    Devant cette constatation on répond : oui, mais ils en ont besoin, eux.

    Et nous, on peut vivre en autarcie dans notre Wallonie étriquée avec notre seul français ?

    Pour être quadrilingue, j'en connais les avantages, l'enrichissement des relations, la facilité des contacts.

    Je ne m'en vante pas, j'aime les langues comme d'autres aiment le sudoku ou le football, encore que les trois ne soient pas incompatibles.

    Bref, les Flamands n'ont rien à faire de la Belgique, de notre roi et feront tout pour obtenir l'indépendance.

    Il faut dire que l'image politique que nous leur donnons n'arrange pas les choses : particratie, enrichissements personnels, indifférence quant à l'avis du peuple, j'en passe et des meilleures.

    Pourquoi Laurette emploie-t'elle 49 personnes contre 21 pour Guy ?

    Je vais passer pour réactionnaire, eh ben tant pis.

    Je ne suis pas fier et je pense que je ne suis pas le seul...