• A common life 12

    Après des moyennes inférieures honorables, je suis entré à l’Ecole Normale pour y suivre une formation d’instituteur. Doué dans toutes les branches littéraires et linguistiques, je l’étais par contre peu dans tout ce qui était scientifique. Mes parents ne s’occupaient pas de mes études parce qu’ils n’auraient déjà pas pu les suivre. Papa, curieux de tout, avait une très bonne culture générale.
    L’Ecole se trouvait à Verviers si bien qu’on faisait le trajet tous les jours en train. La gare de Dolhain était toujours en fonction en 1959-60, avec un chef. Nous descendions à la gare de l’Est et marchions une bonne demi-heure jusqu’aux bâtiments de l’école. A midi se disputaient des parties de whist acharnées. Je n’ai plus jamais joué whist après.
    C’est à cette époque que sont sortis les premiers disques des Shadows qui m’ont incité à m’initier à la guitare. Instrument que j’ai reçu en cadeau pour mes 14 ou 15 ans.

    C’était une guitare sèche d’occasion sur laquelle je m’écorchais les doigts à sang. Les premiers accords que j’ai sortis étaient ceux de l’Eau vive de Guy Béart (il y en avait trois). Comme j’ai une bonne oreille, j’ai très vite reproduit en solo les airs à la mode et à 17 ans, j’avais ma première gratte électrique. Une Isana rouge vif. Très ordinaire par rapport à ce qui existait déjà sur le marché mais achetée avec les moyens de Papa. J’ai très vite progressé et formé un groupe avec un voisin, un étudiant et Jean, un garçon plus âgé que nous et déjà marié.


    C’était, et c’est toujours car il est resté mon ami depuis, un garçon qui mordait la vie à pleines dents.
    Les répétitions se passaient dans sa cave avec un matériel obsolète qu’il avait acheté et bricolé. Ampli Geloso à lampes, haut parleur avec caisse en alu. Je ne vous dis pas. Le répertoire était avant tout basé sur la guitare solo (c’est à dire moi !) et la musique des Shadows. J’étais le Hank Marvin de Dolhain !
    Notre première prestation eut lieu au café dansant « A la Gondole » plus souvent appelé « Chez Angelo et Rosina », personnes charismatiques du village qui avaient un sens du commerce exacerbé. Ils ont amassé une fortune dans cette boîte. Angelo était la caricature de l’Italien raffiné, dragueur et macho. La moustache fine, les yeux enjôleurs, les cheveux blancs gominés, toujours vêtu de costumes impeccables et de souliers vernis, souvent bicolores, il abordait les femmes avec une douceur et une verve sans pareils, les emballait, les faisait danser… et surtout consommer.
    Rosina n’était pas en reste avec son accent chantant la Toscane, ou la Lombardie, je ne sais. Longs cheveux noirs bouclés, yeux de braise, taille fine et jambes parfaites, elle faisait tourner la tête aux jeunots que nous étions à l’époque, nous faisant lamper nos premières bières, quand ce n’étaient pas des whiskies !





    Jeune à la guitare (compr)






  • Poête, pouet...


    Petit a : Asseyez-vous devant l’ordinateur, que l'on appelle aussi PC
    Non pas pour « Petit Con » mais « Personal Computer ».
    Petit b : Remuez bien vos doigts, un après l’autre ou tous ensemble
    Et même le pouce, il me semble
    Petit c
    : Positionnez les du mieux que vous pouvez au-dessus du clavier.
    Puis laissez-les tomber, s’agiter furieusement , marteler ce clavier
    Ou bien le caresser selon ce que vous voulez laisser exprimer.
    Petit d : Au bout d’un certain temps l'écran tout blanc se teinte de noir,
    Comme des petites pattes de mouches qui reflètent l’espoir.

    Si le résultat se traduit par :

    On avait sorti l’escargot tout chaud de la marmite,

    c’est un petit gris bouilli.

    Si par contre vous découvrez ceci :

    Gfd^po fjkls iuoz
    C’est un petit gribouillis.


    C’est plein de fautes ? C’est brouillon, c’est impur ?
    Et alors ? Si c’est pas de la littérature, c’est au moins de l’écriture !


  • Une force de cheval ?

    Sorrento Bus Cheval

  • A common life 11

    Plusieurs oculistes avaient diagnostiqué un refroidissement, mais cela devenait très long et finalement, le docteur Liégeois, de Liège d’ailleurs, a trouvé le bon diagnostic : glaucome, c’est à dire durcissement irrémédiable de la pupille, sauf opération qui permettrait au canal rachidien d’accomplir son travail, à savoir lubrifier la rétine. Cette maladie, rarissime chez les moins de 70 ans, avait été provoquée par un coup bien involontaire reçu à la gymnastique ! Le « coupable » n’est pas au courant. Cela m’a valu d’inaugurer le nouvel hôpital d’Eupen car le docteur n’opérait que là. Ce fût un souvenir pénible pour plusieurs raisons. La première était qu’on n’y parlait pas Français. C’était encore géré par des « Schwester ». La deuxième, que cela sentait horriblement la peinture neuve et autres matériaux. Et la troisième était que pendant huit jours je ne pouvais pas lire, afin de ne pas faire forcer mon seul œil vaillant.J’avais comme voisin un garçon de mon âge, germanophone avec qui forcément je communiquais très peu, mais il recevait journellement la visite de sa sœur qui pouvait avoir 16 ou 17 ans et dont les décolletés cachaient bien peu de choses.Je crois qu’à ce moment, mon œil valide se fatiguait plus que si j’avais lu 5 bouquins, surtout que cela coïncidait avec l’éveil de mes sens ! Marlyse ! Si tu avais su ! A la réflexion, je crois d’ailleurs que tu savais. En tout cas, tu ne faisais rien pour dissimuler tes atouts.Après cette semaine, j’ai porté un bandeau noir sur l’œil opéré pendant un mois. Je jouais au pirate, quoi. Et, bizarre, à l'intérieur de mon bandeau, Marlyse venait me titiller de temps à autre. Le croiriez-vous ?bande5oeufsMon père était sans travail. La filature qui l’employait venait de fermer et la crise textile était à son paroxysme. Conscient de cette situation, le docteur Liégeois n’a jamais présenté ses honoraires ! Ca ne doit pas être très courant. Sinon une légère déformation de la pupille qui semble rattachée au haut de la rétine, je n’ai jamais eu de séquelles. Opération réussie.