A common life 24

La rentabilité n’étant pas atteinte, on a quitté la station, ce qui en soi n’était pas une si mauvaise chose. Mais MJ voulait absolument rester indépendante et s’est mise dans l’idée d’ouvrir une boutique d’articles pour enfants. J’aurais dû être ferme et dire non, quelles qu’en soient les conséquences. Isa et Coco étaient nées. Mais quand MJ avait une idée dans la tête, inutile d’essayer de la dissuader. J’ai donc plié une fois de plus, et nous avons déménagé à Herve pour ouvrir ce commerce.

Sans capital, j’ai emprunté de l’argent (beaucoup) au chef d’orchestre avec lequel je jouais alors et je le remboursais au fur et à mesure. Psychologiquement, j’avais l’impression de jouer pour rien . D’autant plus qu’au départ je ne voulais pas de cette situation. Et j’avais trop peu de temps pour m’occuper des enfants. Peu de promenades, pas non plus de jeux. Boulot, boutique, paperasse la semaine, musique tous les week-end. M.J. se laissait influencer par les représentants. Ils lui fourguaient des stocks monstrueux. Comme elle n’avait aucune expérience, que nous n’avions pas fait d’étude de marché, et que les saisons changent vite, nous restions avec un monceau d’articles invendus et invendables sur les bras. La boutique aurait pu marcher, mais il fallait les reins solides, des compétences accrues. Les factures suivaient mais pas les rentrées.La fatigue aidant, l’ambiance du couple se dégradait. Marie Jo attendait Sabine et ne dormait presque pas. Résultat : souvent elle n’ouvrait pas, ou seulement l’après-midi. On était crevé.

L’orchestre jouait toutes les semaines deux ou trois fois. J’avais trouvé ma première place de représentant chez Général Biscuit et je roulais énormément. Le siège était à Herenthals. Mes journées étaient très longues mais le boulot me plaisait. Pas mon chef par contre. C’était un ancien colonial qui prenait son personnel pour des esclaves. En réalité, les grandes surfaces étaient en train de se développer et les firmes y voyaient un tel succès que les débutants dans le métier servaient véritablement de mandails.

Approvisionnement, réassort des rayons, têtes de gondoles (ou de ban) et dégustations, souvent les samedis. Lorsque nous avions un trou, prospection et lancement de nouveaux produits. A l’époque, le Vitabis, sensé détrôner le Betterfood. J’avais loué un entrepôt où on stockait quantité de biscuits que je distribuais comme échantillons. Au grand bonheur des enfants et de Martin, mon jeune beau-frère, qui venait souvent en tournée avec moi et logeait souvent à la maison.Je suis resté un an dans cette place et je me suis fait jeter par le chef acariâtre en question.

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