• Et mon Killian n'est pas en reste

    Avec une dizaine de Coupes à son Palmares !Kiki Aywaille

  • Graîne de champion mais... tête de cochon !Jonas Eup 9w

    Eh oui, Mon Jojo, quand tu sauras maîtriser tes pulsions, tu feras partie des futurs champions .

  • A common life 24

    La rentabilité n’étant pas atteinte, on a quitté la station, ce qui en soi n’était pas une si mauvaise chose. Mais MJ voulait absolument rester indépendante et s’est mise dans l’idée d’ouvrir une boutique d’articles pour enfants. J’aurais dû être ferme et dire non, quelles qu’en soient les conséquences. Isa et Coco étaient nées. Mais quand MJ avait une idée dans la tête, inutile d’essayer de la dissuader. J’ai donc plié une fois de plus, et nous avons déménagé à Herve pour ouvrir ce commerce.

    Sans capital, j’ai emprunté de l’argent (beaucoup) au chef d’orchestre avec lequel je jouais alors et je le remboursais au fur et à mesure. Psychologiquement, j’avais l’impression de jouer pour rien . D’autant plus qu’au départ je ne voulais pas de cette situation. Et j’avais trop peu de temps pour m’occuper des enfants. Peu de promenades, pas non plus de jeux. Boulot, boutique, paperasse la semaine, musique tous les week-end. M.J. se laissait influencer par les représentants. Ils lui fourguaient des stocks monstrueux. Comme elle n’avait aucune expérience, que nous n’avions pas fait d’étude de marché, et que les saisons changent vite, nous restions avec un monceau d’articles invendus et invendables sur les bras. La boutique aurait pu marcher, mais il fallait les reins solides, des compétences accrues. Les factures suivaient mais pas les rentrées.La fatigue aidant, l’ambiance du couple se dégradait. Marie Jo attendait Sabine et ne dormait presque pas. Résultat : souvent elle n’ouvrait pas, ou seulement l’après-midi. On était crevé.

    L’orchestre jouait toutes les semaines deux ou trois fois. J’avais trouvé ma première place de représentant chez Général Biscuit et je roulais énormément. Le siège était à Herenthals. Mes journées étaient très longues mais le boulot me plaisait. Pas mon chef par contre. C’était un ancien colonial qui prenait son personnel pour des esclaves. En réalité, les grandes surfaces étaient en train de se développer et les firmes y voyaient un tel succès que les débutants dans le métier servaient véritablement de mandails.

    Approvisionnement, réassort des rayons, têtes de gondoles (ou de ban) et dégustations, souvent les samedis. Lorsque nous avions un trou, prospection et lancement de nouveaux produits. A l’époque, le Vitabis, sensé détrôner le Betterfood. J’avais loué un entrepôt où on stockait quantité de biscuits que je distribuais comme échantillons. Au grand bonheur des enfants et de Martin, mon jeune beau-frère, qui venait souvent en tournée avec moi et logeait souvent à la maison.Je suis resté un an dans cette place et je me suis fait jeter par le chef acariâtre en question.

  • Jette un oeil à ma moule...

    La moule à Malou

  • A common life - Marabout Gérard.

     Mais je n’ai jamais été loin. Un flirt, agréable, rien de plus. Elle avait un beau corps,des hanches larges et une taille fine, bien marquée. De longs cheveux bruns qui descendaient jusqu'à la taille. Elle (sacrée Anne) aurait certainement voulu plus, mais elle n’a jamais rien exigé, ni fait de scène. Pour un homme marié, c’était parfait, et là je me rends compte que je suis cynique ! Je vois ça de cette façon avec le recul mais à l’époque je n’aurais pas voulu être découvert. Pour moi c’était un défoulement, une diversion aux moments de tension intense dans le couple. En aucun cas je n’aurais quitté la femme que j’aimais. Et je n’étais pas amoureux de cette fille.
    M.J. avait perdu son boulot et nous avions pris une station d’essence rue David à Verviers, à l’enseigne Alca dans un bâtiment neuf mais dont l’humidité suintait des murs. C’était son idée. Elle voulait être indépendante. C’était un job très ingrat. Il fallait servir tous les clients. Pas de bancontact ni de distributeur automatique à l’époque. Cloué là, les week-end également. Dans le contrat. On bouclait le mois en général sans bénéfices. En tout cas s’il y en avait, ils n’étaient pas en rapport avec les prestations fournies. La rue n’était guère fréquentée et la marque « Alca » était inconnue.
    Le seul samedi soir où nous étions sortis tous deux, on a été cambriolé. La caisse était cachée sous la bonbonne de gaz mais à notre retour elle avait disparu. Tout avait été fouillé de manière minutieuse et le voleur s’était éclairé avec des allumettes. Il y en avait partout, des dizaines. Ca nous avait foutu un sacré coup au moral… et aux finances.
    Je soupçonnais quelqu’un, j’avais des indices imparables, mais je n’avais aucune preuve et ça touchait indirectement à la famille. Cette personne nous rendait visite de temps à autre et subitement, après le vol, on ne l’a jamais revu ! En plus, le bonhomme avait eu des antécédents. J’étais trop scrupuleux et je n’ai rien fait, pour ne pas soulever de vagues. Attitude qui m’a valu bien des déceptions dans la vie.
    Je travaillais donc chez Marabout et le matin, ou le soir, selon les équipes, je m’occupais de la pompe. Tout ce qui était paperasserie m’incombait aussi et le week end, je jouais.

    A cette époque, j’ai remplacé pendant neuf mois le guitariste de Jean Vallée qui faisait son service militaire.
    Déjà « vedette locale » on ne faisait que des galas d’une ou deux heures dans diverses villes du pays. Souvent en américaine d’un autre chanteur. Plusieurs fois pour le Lotto et deux fois pour l’émission Feu Vert à la RTBF. C'était l'époque de "Viens l'oublier" qui a terminé deuxième à l'Eurovision et aussi "La vague". J'aimais ce qu'il faisait C’était intéressant mais assez bizarre. Je veux parler de l’ambiance entre musiciens. C’était un clan dans lequel j’étais à peine toléré. JV habitait près de chez moi et en général, nous faisions les trajets dans sa voiture mais c’est un gars très taciturne et il ne » faisait pas la conversation. Lorsque le guitariste officiel est revenu, on n’a pas trouvé nécessaire de me prévenir. J’ai téléphoné, n’ayant plus de nouvelles, et Jean m’a dit que je pouvais venir rechercher mes instruments. Tout simplement… Pas très chic comme comportement, en fait. Un claviériste m’a confirmé cette façon de faire. Qui explique peut-être pourquoi Jean Vallée n'a pas fait la carrière qu'il méritait.

    Chez Marabout, j’étais « le » guitariste de la vedette et mon aura chez les filles s’était encore agrandie.
    Sans rapport avec cela, on m’a demandé si je voulais bien tenter de mettre au point une nouvelle machine qui introduisait les mots corrigés dans les phrases. On était vraiment à l’aube du bouleversement électronique. Mais une partie importante était encore mécanique si bien que la mise au point était assez fastidieuse. Techniquement, je ne pouvais rien faire, je n'étais pas mécano et je peux dire que j’ai travaillé presqu’un an avec un rendement zéro. Elle tombait en panne très souvent et le technicien passait des heures dessus. Ce genre de problème s’est répété chez Marabout avec des machines beaucoup plus importantes, telles des rotatives surdimensionnées qui coûtaient des fortunes et ne tournaient pas. De plus A.Gérard,  vrai mégalomane, avait fondé une écurie de course GT Marabout qui fut un gouffre ou s’engloutissaient tous les bénéfices de la société. Tant et si bien que tout s’est écroulé. On a fermé et 600 travailleurs sont devenus 600 chômeurs. Sans possibilité de reclassement dans la région, sauf quelques spécialistes, les clavistes dont trois sont entrés au « Jour », le quotidien verviétois.
    Je n’en fus pas, question de syndicat. J’avais vraiment aimé ce boulot et tout ce qui tournait autour.

  • A common life. Ah le coffre !

    J’en avais marre de mon boulot de rond-de-cuir. La perspective de gratter du papier toute ma vie m’effrayait et je partais travailler avec des pieds de plomb.
    Mon père était chef magasinier chez Marabout. Très bien considéré par le boss, André Gérard, il réussit à me faire entrer comme claviste, nouveau métier qui remplaçait celui de typographe. Le plomb était remplacé par un ruban de papier troué, principe du télex. Nous recevions le manuscrit et nous le tapions en continu, avec une pause de 5 minutes par heure. La concentration était constante. Nous étions huit à faire ce travail, supervisés par un chef de service sympa. Après un stage de 8/10 jours à Bruxelles, j’ai été intégré. Et ça me plaisait énormément. L’ambiance était bonne et j’avais accès à mon hobby favori, la lecture, en étant bien payé. Que demander de mieux ? Après peu de temps, comme j’étais assez polyvalent, on m’a demandé de faire les trois tours pour pouvoir faire tourner également la photo-composeuse et la Linasec, machine qui sectionnait le texte en lignes, mais comme elle ne savait pas où mettre le tiret si un mot devait être coupé, cela se faisait manuellement. Donc, relecture et éventuellement, recorrection.
    Marabout était une des imprimeries les plus modernes d’Europe et occupait 600 personnes à l’époque. Gérard, le patron et fondateur était un visionnaire et avait créé des concepts de bouquins tout à fait géniaux, tels le Marabout Flash, et surtout le junior. Qui ne connaît Bob Morane ? Et Sylvie ?
    J’ai eu l’occasion à maintes reprises de croiser des auteurs tels que Henri Verne, Alexandre Dumas (non, là je pousse un peu…) et comme l’imprimerie en avait les capacités, on a aussi composé pour d’autres éditions, principalement Robert Laffont et Seghers qui donnait la part belle aux poètes.
    Les bâtiments étaient assez disséminés étant donné que la société s’était agrandie et avait racheté plusieurs anciennes (petites) usines textiles. Si bien que les locaux de la photocompo se trouvaient au premier étage. Comme on devait également développer, on utilisait un ancien coffre-fort aménagé à cet effet et dont l’intérieur faisait bien 6 m2. On le fermait quand on l'utilisait et une lampe rouge à l'extérieur en interdisait l'entrée. Une chambre noire, en réalité Au rez-de-chaussée, bureau des correctrices, une bonne quinzaine de femmes de tous âges. Une parmi elles était chargée de remonter les parties corrigées et communiquer éventuellement  des instructions relatives à des changements techniques. A. étaitjeune et jolie. Et je m’occupais de ces corrections. Tout se passait dans ce coffre.
    Lequel eut vite une utilité supplémentaire.

  • Ou une vie simple devient une vie compliquée

    Je pourrais continuer "A common life" dans son intégrité, tel que l'histoire existe sur papier.
    D'aucuns ne partageraient pas mon point de vue. Tous les avis sont permis et je ne veux pas ouvrir un débat contradictoire.
    Mais je choquerais certainement pas mal de susceptibilités, ou susciterais peut-être même de l'animosité par mon analyse à froid, trente trois ans après, d'un situation qui a profondément bouleversé mon entourage.
    Je ne veux pas non plus me donner le beau rôle car j'ai montré pas mal de faiblesses dans ces circonstances. Mes enfant ont beaucoup souffert et les blessures ne sont pas nécessairement refermées. Je clôturerais donc là ce chapître en disant que ma vie a changé du tout au tout en 1973 après le décès de M.J.