• A common life Précisia

    J’avais quitté Caris en 76 pour entrer chez Précisia, fabricant Belge de téléviseurs installé à Bruges. Ce sont les meilleurs patrons que j’aie jamais eus. Une petite société à dimension humaine, ou les employés n’étaient pas des numéros. Et les directeurs étaient toujours à l’écoute du personnel. J’y ai donné le meilleur de moi-même bien que ce fut pas du gâteau. Je vendais, gérais un stock de téléviseurs que je livrais avec une grosse camionnette Ford Transit longue dans la province de Liège, de Luxembourg et le Grand Duché. Un peu comme un marchand de pain. Sauf que les appareils pesaient à cette époque pas loin de 45 Kg.

    C’était tout au début de la couleur. Je dois avouer que, si l’image était très belle, la fiabilité n’était pas toujours exceptionnelle. Qui, dans les pros, ne se souvient du fameux "CT 30" dont les soudures lâchaient à tours de bras ?  Il y avait quelques défauts de conception, mineurs mais récurrents et je me faisais enguirlander des clients plus souvent qu’à mon tour. D'autant plus qu'un téléviseur couleur coûtait à cette époque entre 40 et 50.000 Frs.

    La clientèle était fidèle. La diffusion de la marque étant assez discrète et protégée, la marge bénéficiaire était confortable, voire très confortable... pour certains.

    C’est à cette époque que j’ai fait mon premier voyage de firme et pris mon premier avion… à hélices car j’étais parti en Boeing à Malaga 1 an plus tôt.  Ici, c'était un Fokker Friendship.

    Petit voyage de 5 jours dans l'île de Jersey, avec 20/25 clients. Charmant îlot valonné très vert où tout était hors taxe. Si le temps était exécrable, l'ambiance était excellente. Tour de l'île, en bus, de la ville, Saint Helier, à pied, dégustations de bières anglaises, achat de montres et autres gadgets électroniques, bref tout ce qu'on peut faire sur un si petit bout de terre anglaise à quelques encablures des côtes françaises.

    Petite idylle après 2 jours qui a quand même duré pas mal de temps après. Nous allions dans ces maisons bourgeoises, un peu cachées ou on vous recevait discrètement. Parfois il y avait un bar et on pouvait commander du Champagne et des délicatesses. En l’occurrence, nous nous occupions des délicatesses et elle était très douée. Waw !

    Pour en revenir à la Transit, nous avons même passé des vacances en camionnette, Christiane, Carine et moi. Les plus jeunes étaient au camp ou chez leur Mamy. On avait embarqué des matelas et un vieux divan comme fauteuil arrière ! Quelle épopée. Direction Provence et côte d’azur.

    Monaco que l’on a visité entièrement, Hyères, Porquerolles… Que de coins merveilleux. Nous logions au Camping du Bout du Monde à quelques kilomètres de Bormes-les-Mimosas, merveilleux petit village fleuri comme l’indique son nom. Du camping on voyait à l’horizon le fort de Brégançon, résidence de vacances des Présidents successifs de la République Française. C’était l’époque de Giscard d’Estaing que j’ai rencontré plus tard à Kyoto, au Japon.

    Ce n’est pas difficile d’avoir une préférence pour la Provence. Toutes les conditions sont là pour passer de bonnes vacances et les enfants adoraient. Nous avons fait souvent du camping. C’est encore le moyen le plus économique pour une grande famille. Christiane était une bonne gestionnaire et moi un bon cuisinier ! Encore maintenant, les enfants se rappellent Volonne avec nostalgie. Et moi aussi.

    On y a été deux fois et chaque fois avec ma sœur et mon beau-frère, et leurs enfants, Brigitte et Frédéric. Frédéric était un petit maigrichon du même gabarit que sa mère. Il faisait aussi de la saucisse et se disputait sans cesse avec Sabine. Ils jouaient au docteur et Shabine ne voulait pas qu’il bande ! Velpeau, vous avez compris.

  • Cœur content


    Cœur content

    Quand on a le cœur content, on fredonne, on fredonne

    Quand on a le cœur content, on fredonne, gaiement.

    Un petit air gentil, au diable les soucis

    La vie est belle, oui mes amis

    La nature a un air de fête.

    Vivent les randonnées champêtres.        

    Le beau bleu du firmament incite tous les amants

    f prendre la clé des champs

    On entend dans les taillis

    Des p'tits oiseaux, le joyeux gazouillis

    Le Zéphyr sur son aile  légère

    Nous apporte les senteurs premières

    Des prés fleuris, de la forêt les prémices

    Que l'on respire avec délice

    Les ruisseaux serpentent en chantant

    Vallées et bosquets, coins charmants

    Où plein d'espoir ceux qui s’aiment

    A l'ombre d'un superbe chêne

    Dans I’écorce centenaire ont gravé

    Leurs deux noms entrelacés.

    Mireille
  • A common life - Mamy

    Mamy, mère de Christiane. Comment la décrire autrement que comme un ange descendu sur terre sous une apparence humaine avec quelques faiblesses comme tout humain qui se respecte ? Dont la plus flagrante, était de tomber amoureuse de tout homme lui faisant un peu la cour. Quand je l’ai connue, elle finissait une romance avec un Noir énorme, qui devenait violent avec elle après lui avoir pompé un maximum de fric et d’énergie.
    D’Ensival, elle est venue habiter près de chez nous et même un peu chez nous. Elle était d’une naïveté, d’une candeur incroyable. Ce qui lui valait d’ailleurs tous ses déboires. Tout homme un peu subtil ou complètement innocent finissait par tomber dans son giron qu’elle avait généreux. Elle était pleine de charme, même si elle nous créait quand même quelques petits soucis.

    Eustache (nom d'emprunt) était un vieillard ! Pas mal non plus celui-là. Probablement retiré d’une garde-robe empoussiérée dans un fonds de grenier.
    A 86 ans, il roulait toujours sur un vélomoteur à peine moins vieux que lui, avec les habits de son premier mariage. Dont, soit dit en passant, il avait eu 20 enfants, oui vous avez bien lu. Ca a existé ! Un ancien ouvrier du chemin de fer. A croire que la rigidité des rails l'inspirait !
    Quelle santé… surtout pour elle.
    Bref notre brave E, Ardennais de bonne souche, s’était amouraché de notre Mamy. Et ils étaient heureux, du moins en avaient-ils l'air, même s’il ne comprenait pas toujours ce qu’on disait ou qu’on voulait. Je ne me pose pas la question sur leurs relations physiques. Quelle importance ?
    Ce fut le dernier pour Mamy. Elle nous a quittés brusquement, un dimanche matin, sans crier gare, à 57 ans à peine. Rupture d’anévrisme. Ce fut difficile pour tout le monde, elle était vraiment adorée des enfants. Le coeur sous la main, elle se serait coupée en quatre pour faire plaisir. Elle était la confidente des filles et avait toujours le mot juste pour les consoler. Elle a laissé de très beaux souvenirs, mais aussi des écrits, où elle laissait s’exprimer son amour de la nature, sa sensibilité extrême et sa grande humanité. Ses cendres ont été dispersées dans les bois de La Louveterie, qui avaient abrité sa jeunesse et son adolescence.

    Le poeme ci-dessus est de son cru. 

  • Balayé, effacé...

    Voilà ! J'ai effacé mon coup de mauvaise humeur d'hier. Entendons-nous bien, je n'ai rien contre une belle photo érotique, je ne détournerai pas les yeux, mais je trouve simplement que les blogs ne sont pas faits pour ça. Comme le dit mon amie Coco, il y a assez de sites " x " pour les amateurs de sexe.

    Il faut savoir que des tas de gosses créent leurs blogs et peuvent d'un coup de clic ouvrir un blog "x". Pensez-vous qu'ils vont lire la littérature leur expliquant que les mineurs, etc... etc....

    C'est la responsabilité du serveur pour moi qui est engagée. Mais si on les considère "meilleurs blogs de la semaine", que faire ?

    Enfin, n'entamons pas une polémique et passons à autre chose.

  • Les Mots se trouvent mieux au milieu.

    Les Mots

     

    D’aucuns alignent les livres, sources de leur savoir, réel ou à valoir, dans de somptueuses bibliothèques, de bois noble élaborées, chêne ou noyer, palissandre ou merisier.

    Les livres s’y sentent-ils bien ? Structurés, classés, parfois si serrés qu’ils ne peuvent respirer, qu’ils ne peuvent leur esprit dégager, leur matière développer.

    Et ils restent là, tout étanches, n’exhibant que leurs tranches. N’est-ce pas étrange ?

    Ne voudraient-ils pas de leurs carcans s’échapper et vous supplier :

    Prenez-moi, ouvrez-moi, faites-moi crisser entre vos doigts. Sentez donc ce Velin, ce papier parchemin, cette bonne odeur de bois !

    Je suis rempli de lettres, de points, de virgules. On a jeté çà et là, des mots : des adjectifs, des verbes en minuscules, des adverbes, des noms parfois en Majuscules,

    On a secoué tout, on l’a parsemé de levure de culture, et les mots ont trouvé leur chemin, leur envergure.

    Oh, au début, il y eut bousculade pour se trouver en enfilade mais tous se sont placés, alinéa après alinéa, bien serrés, au garde à vous.

    Parfois, pour faire le fier, le « o » porte un petit chapeau « ô » que lui dispute le « î » quand ce n’est pas le « â ». Ah…

    Les prolétaires ont une jaquette de carton mou, les plus nantis se couvrent de cuir parfois saupoudré d’or, ils s’en mettent plein la tranche.

    Les premiers voyageront beaucoup dans les gares, sur les bancs, dans les bus. Avec un peu de chance, ils finiront aux puces.

    Et les autres attendront qu’on les libère, qu’on leur laisse un peu d’air.

    Bon nombre de mes livres partagent ma chambre, pas toujours alignés, parfois en tas, parfois ouverts, souvent en biais, d’un grand club ils sont membres.

    Je crois qu’ils n’en souffrent pas, qu’ils se réjouissent plutôt de cet état.

    Pendant mon sommeil, des vocables s’échappent et m’éveillent.  Grandes phrases ou petits mots, souvent ils ont deux « l », ça les aide à voler, à naviguer entre deux « o » Et ceux qui ont une cédille, s’en servent comme béquille.

    Et moi, ils m’émerveillent.

    Les attraper, à quoi ça sert ?

    Il faut les remettre au dictionnaire,

    Celui qu’on nomme Petit Robert !